Svalbard : ce que change la réglementation de 2025

10 octobre 20263 min de lecturePar Latitude Blanche

Depuis le 1er janvier 2025, la Norvège applique au Svalbard des règles de protection parmi les plus strictes de l'Arctique : plus de grands navires dans les zones protégées, des débarquements encadrés, des distances obligatoires avec les ours polaires et les morses. Voici ce qui a changé, et ce que cela signifie pour un voyage à bord de Polarfront.

Pourquoi de nouvelles règles ?

Le Svalbard attire chaque année davantage de visiteurs, alors que son milieu naturel est fragile et que le climat s'y réchauffe plus vite que presque partout ailleurs sur la planète. Pour protéger sa faune et ses paysages, le gouvernement norvégien a révisé la loi sur l'environnement du Svalbard et plusieurs de ses règlements : parcs nationaux, réserves naturelles, circulation des bateaux et des motoneiges, campement. Les nouvelles règles sont entrées en vigueur le 1er janvier 2025 ; c'est le gouverneur du Svalbard, le Sysselmester, qui veille à leur respect.

Les zones protégées, parcs nationaux et réserves naturelles, couvrent près des deux tiers des terres de l'archipel et la plus grande partie de ses eaux côtières. C'est là que se trouvent la plupart des glaciers, des fjords et des colonies d'animaux que l'on vient voir au Spitzberg.

Pas plus de 200 passagers dans les zones protégées

Les navires de croisière qui transportent plus de 200 passagers n'ont plus le droit d'entrer dans les zones protégées. Les plus grands navires d'expédition doivent donc se contenter des secteurs non protégés, autour de Longyearbyen notamment.

Polarfront n'accueille que 12 passagers : nos itinéraires continuent de passer par les parcs nationaux et les réserves naturelles, du nord-ouest du Spitzberg jusqu'au Nordaustlandet, au nord-est de l'archipel.

Débarquer sur des sites désignés, avec un guide

Pour les activités touristiques, les débarquements dans les zones protégées ne sont plus autorisés que sur 43 sites cartographiés, choisis parce qu'ils supportent mieux le passage des visiteurs. Un guide qui connaît le milieu naturel et le patrimoine culturel doit accompagner chaque groupe à terre, et le nombre de personnes présentes en même temps sur un site est limité.

Avec 12 passagers et deux guides, nos débarquements se font toujours en petit groupe : c'est justement la façon de voyager que ces règles encouragent. Les sites autorisés restent variés, des plages où se reposent les morses aux vestiges des anciennes stations baleinières.

Ours polaires : 300 mètres, et 500 mètres au printemps

Il est désormais interdit d'approcher un ours polaire à moins de 300 mètres, et à moins de 500 mètres du 1er mars au 30 juin, quand les femelles sortent de leur tanière avec leurs oursons. Si un ours se trouve plus près, il faut s'éloigner. Comme avant, il reste interdit de déranger, d'attirer ou de poursuivre un ours.

Concrètement, l'observation se fait depuis le pont, aux jumelles et au téléobjectif, en laissant l'animal à sa vie. Une rencontre à 300 ou 500 mètres reste un moment inoubliable : l'ours chasse, se repose ou nage sans être dérangé. Nous en parlons en détail dans notre guide l'ours polaire au Spitzberg.

Morses, falaises d’oiseaux et drones

Les autres espèces sont mieux protégées, elles aussi. En bateau, il faut rester à au moins 150 mètres des plages où se reposent les morses, et ne pas dépasser 5 nœuds à moins de 300 mètres. Du 1er avril au 31 août, la vitesse est limitée à 5 nœuds à moins de 500 mètres des grandes falaises d'oiseaux, et les drones ne peuvent pas voler à moins de 500 mètres de ces colonies. Dans les zones protégées, les drones sont interdits toute l'année.

Il est aussi interdit de briser la glace de mer prise le long des côtes, sauf pour garder ouverts les accès à Longyearbyen et Barentsburg, ravitailler Ny-Ålesund ou pour les missions des garde-côtes.

Ce que cela change pour vous

Pour les voyageurs de Polarfront, ces règles changent peu de choses dans la pratique, et plutôt en bien : moins de grands navires dans les fjords protégés, des sites préservés, des animaux moins dérangés. Le Spitzberg reste l'une des portes d'entrée les plus accessibles du Haut-Arctique, à condition de le découvrir à petite échelle.

Avant chaque sortie, les guides rappellent les consignes : ne rien prélever, ne pas s'approcher des animaux, rester groupés à terre. Vous voyagez ainsi l'esprit tranquille, en sachant que votre passage ne laisse pas de trace. Pour choisir votre saison, voyez notre guide Quand partir au Spitzberg ?

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