Croisière polaire : paquebot, navire d’expédition ou voilier ?

15 octobre 20265 min de lecturePar Latitude Blanche

Taper « croisière polaire », c'est découvrir des navires qui n'ont presque rien en commun : du paquebot de plusieurs milliers de passagers au voilier d'une dizaine de couchettes. Tous promettent la glace, les ours et les aurores ; ils n'offrent pas du tout le même voyage. Voici comment s'y retrouver, en toute franchise.

Croisière polaire : de quoi parle-t-on ?

Une croisière polaire, c'est un voyage en bateau dans les régions polaires : on dort à bord pendant que le navire avance de mouillage en mouillage. Dans l'Arctique, les grandes destinations sont le Spitzberg (l'archipel du Svalbard), le Groenland et le nord de la Norvège ; dans l'hémisphère Sud, l'Antarctique.

Derrière ce même mot se cachent pourtant trois façons de voyager très différentes, selon la taille du navire : le paquebot, le navire d'expédition et le voilier. Le nombre de passagers change tout : ce que vous verrez, le temps que vous passerez à terre, la liberté de l'itinéraire et l'ambiance à bord.

Le paquebot : l’Arctique depuis le pont

Les grands navires de croisière emmènent de plusieurs centaines à plusieurs milliers de passagers. Ils suivent un programme d'escales fixé à l'avance, dans des ports équipés comme Tromsø, Honningsvåg pour le cap Nord ou Longyearbyen. Les excursions se font à terre, en autocar ou à pied, et les plus beaux paysages, fjords et glaciers, se découvrent depuis le pont.

Leurs atouts : le confort d'un hôtel flottant, des restaurants et des spectacles, et un prix par jour souvent plus bas. Leur limite : on regarde l'Arctique plus qu'on ne le vit. Ces navires ne débarquent pas leurs passagers sur une plage sauvage ou au pied d'un glacier et, au Svalbard, les zones protégées leur sont fermées (voir plus bas).

Pour qui ? Pour une première approche du Grand Nord, en douceur, quand le confort et le budget comptent plus que l'immersion.

Le navire d’expédition : la croisière d’expédition

Les navires d'expédition sont conçus pour les régions polaires : une coque renforcée pour naviguer près des glaces, des Zodiac pour débarquer partout où c'est permis, des guides naturalistes et des conférences à bord. L'itinéraire n'est plus une liste d'escales : il s'adapte chaque jour à la glace, à la météo et à la faune. C'est ce qu'on appelle une croisière d'expédition.

Mais là aussi, la taille compte. Les plus grands navires d'expédition accueillent de 100 à plus de 300 passagers : pour débarquer, il faut organiser des rotations, et chacun ne passe à terre qu'une partie du temps prévu. Sur un petit navire d'expédition, de 12 à une cinquantaine de passagers, tout le monde peut débarquer en même temps, les guides connaissent chaque voyageur et le commandant peut changer de cap pour un ours ou une baleine.

Pour qui ? Pour vivre l'Arctique de près, à terre et en Zodiac, accompagné de guides : le cœur d'une croisière polaire.

Le voilier : l’aventure à la voile

Quelques voiliers d'expédition proposent aussi des croisières polaires, pour une dizaine de passagers. L'ambiance est celle d'un équipage : on participe parfois aux manœuvres, on vit au plus près des éléments et du silence, et les débarquements se font en annexe, en tout petit groupe.

La contrepartie : des cabines souvent petites, parfois des sanitaires partagés, une navigation plus lente et plus sensible à la houle, donc au mal de mer. Ce sont des voyages magnifiques, plutôt pour les marins dans l'âme.

Pour qui ? Pour les amoureux de la voile, prêts à troquer un peu de confort contre l'aventure.

Ce qui change vraiment : le temps passé à terre

Dans les régions polaires, des règles limitent le nombre de visiteurs à terre, pour protéger la faune et les sites. Au Svalbard, depuis le 1er janvier 2025, les navires de plus de 200 passagers n'ont plus le droit d'entrer dans les zones protégées, qui couvrent près des deux tiers des terres de l'archipel ; dans ces zones, on ne débarque plus que sur 43 sites désignés, avec un guide pour chaque groupe. Nous détaillons ces règles dans notre guide sur la réglementation du Svalbard.

En Antarctique, les règles internationales vont dans le même sens : les navires de plus de 500 passagers ne débarquent pas leurs passagers, et pas plus de 100 personnes ne doivent se trouver à terre en même temps sur un même site.

Conséquence directe : plus le navire est petit, plus vous passez de temps à terre, et plus l'itinéraire peut aller loin, jusque dans les parcs nationaux et les réserves naturelles.

En résumé : quatre façons de partir

  • Le paquebot : des centaines à des milliers de passagers ; des escales dans des ports ; les paysages surtout depuis le pont ; un programme fixe ; le grand confort et le prix par jour le plus bas.
  • Le grand navire d'expédition : de 100 à plus de 300 passagers ; des débarquements en Zodiac par rotations ; au Svalbard, les zones protégées fermées au-delà de 200 passagers ; des guides et des conférences ; un confort d'hôtel.
  • Le petit navire d'expédition : de 12 à une cinquantaine de passagers ; tout le groupe débarque ensemble ; un itinéraire adapté chaque jour ; des guides disponibles pour chacun ; des cabines privatives ; un prix par jour plus élevé.
  • Le voilier : une dizaine de passagers ; des débarquements en annexe ; la vie d'équipage ; un confort sommaire ; une navigation lente, qui dépend du vent.

Et le prix ?

Ramenée à la journée, une croisière sur un petit navire d'expédition coûte plus cher qu'une croisière en paquebot : le navire, l'équipage et les guides sont partagés entre beaucoup moins de passagers. À bord de Polarfront, il y a autant d'accompagnants que de voyageurs : dix membres d'équipage et deux guides naturalistes pour douze passagers.

Pour comparer, regardez ce que le prix comprend (pension complète, débarquements et sorties en Zodiac, conférences, équipement grand froid…) et le nombre de jours réellement passés au cœur de l'Arctique. Nos tarifs et tout ce qu'ils comprennent sont détaillés dans notre guide Combien coûte une croisière au Spitzberg ?

Les bonnes questions à poser avant de réserver

  • Combien de passagers à bord, et combien à terre en même temps ?
  • Combien de débarquements ou de sorties en Zodiac par jour, en moyenne ?
  • Combien de guides naturalistes, et dans quelle langue ?
  • L'itinéraire est-il fixé à l'avance, ou s'adapte-t-il à la glace et à la faune ?
  • Le navire peut-il entrer dans les zones protégées du Svalbard ?
  • Qu'est-ce qui est compris dans le prix, et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Notre choix : 12 passagers à bord de Polarfront

Chez Latitude Blanche, nous avons choisi le tout petit navire d'expédition. Polarfront, ancien navire météorologique de 55 mètres, n'accueille que 12 passagers dans 8 suites, avec dix membres d'équipage et deux guides naturalistes. Tout le monde débarque ensemble, l'itinéraire suit la glace et la faune, et l'ambiance à bord est francophone et conviviale.

Nous partons au Spitzberg du printemps à l'automne, dans le nord de la Norvège en hiver et au Groenland Est à la fin de l'été. Une question ? Écrivez-nous : un conseiller vous répond sous 48 heures ouvrées.

ENVIE D’UNE VRAIE EXPÉDITION, LOIN DES CROISIÈRES ?

Printemps polaire au Spitzberg

Soleil de minuit au Svalbard

Du Spitzberg au Groenland Est

Magie hivernale en Norvège

Partager cet article E-mail Facebook WhatsApp
Voir de ses propres yeux

Partir au Spitzberg
à bord de Polarfront

Douze passagers, un équipage francophone et des guides passionnés : les prochains départs.

Tous les voyagesNous contacter

Newsletter

Les prochains articles
dans votre boîte mail

Nos récits du Grand Nord, les nouveaux voyages et la vie de Polarfront, quelques fois par an.