PEUT-IL NEIGER AU-DESSUS DE 0°C ?

Cela peut sembler paradoxal. Nous avons tous appris que la neige fond dès que la température dépasse 0 °C. Pourtant, il arrive régulièrement d’observer des flocons tomber alors que le thermomètre affiche +1, +2 °C… voire davantage.

Comment est-ce possible ? Est-ce une erreur de mesure ou un phénomène météorologique bien réel ?

La réponse est simple : oui, il peut tout à fait neiger lorsqu’il fait plus de 0 °C. Tout dépend de ce qui se passe dans l’atmosphère… et du temps dont disposent les flocons pour fondre.

Pourquoi les flocons ne fondent-ils pas immédiatement ?

On pourrait imaginer qu’un flocon se transforme instantanément en goutte d’eau dès qu’il traverse une couche d’air à température positive. En réalité, le processus est beaucoup plus lent.

Pour passer de l’état solide à l’état liquide, la glace doit absorber une quantité importante d’énergie thermique. Les physiciens parlent de chaleur latente de fusion.

Cette énergie est progressivement fournie par l’air ambiant. Tant que le flocon n’a pas absorbé suffisamment de chaleur, il conserve sa structure de cristal de glace et continue sa chute… même si la température de l’air est légèrement supérieure à 0 °C.

Autrement dit, franchir la barre des 0 °C ne signifie pas que la neige disparaît instantanément.

Une question de taille… et de temps

La vitesse à laquelle un flocon fond dépend de plusieurs facteurs.

Les petits flocons, qui possèdent une faible masse, absorbent rapidement la chaleur de l’air et fondent en quelques instants.

En revanche, les gros flocons, riches en glace, mettent davantage de temps à se réchauffer. Ils peuvent donc traverser plusieurs centaines de mètres d’air doux avant de fondre complètement.

C’est pourquoi on observe parfois d’impressionnants flocons tomber alors que la température au sol atteint +1 ou +2 °C.

Dans certaines situations très particulières, ils peuvent même survivre jusqu’à +4 ou +5 °C.

Daniel Goetz, ingénieur météorologiste et nivologue à Météo-France, raconte ainsi avoir déjà observé de la neige tomber par +5 °C, avec des flocons « de la taille d’une pièce de deux euros ».

Ces épisodes restent rares, mais ils illustrent parfaitement que la température affichée au sol ne suffit pas, à elle seule, à déterminer si les précipitations seront de la pluie ou de la neige.

Ce qui se passe dans les nuages est tout aussi important

La température mesurée à deux mètres du sol n’est qu’une petite partie de l’histoire.

Les flocons se forment beaucoup plus haut dans l’atmosphère, au sein des nuages, où les températures sont largement négatives.

En descendant vers le sol, ils traversent différentes couches d’air, parfois froides, parfois plus douces.

Si la couche d’air positif est relativement mince, les flocons n’ont tout simplement pas le temps de fondre complètement avant d’atteindre le sol.

À l’inverse, si cette couche est plus épaisse ou plus chaude, ils se transforment progressivement en pluie avant la fin de leur chute.

C’est pourquoi deux villes voisines peuvent parfois connaître des précipitations différentes au même moment : de la neige dans l’une, de la pluie dans l’autre.

La neige mouillée : entre pluie et neige

Lorsque les flocons commencent à fondre sans disparaître complètement, ils deviennent plus lourds, plus collants et légèrement translucides.

On parle alors de neige mouillée.

Cette neige est fréquente lorsque les températures oscillent autour de 0 °C. Les flocons conservent leur apparence, mais leur teneur en eau augmente progressivement.

À peine arrivés au sol, ils fondent rapidement au contact des surfaces plus chaudes.

C’est la raison pour laquelle ces épisodes blanchissent rarement les paysages pendant longtemps.

Pourquoi la neige tient-elle parfois malgré une température positive ?

Il arrive pourtant qu’un manteau neigeux persiste alors que le thermomètre affiche +1 ou +2 °C.

L’explication tient à la température du sol.

Après plusieurs jours de froid, le sol peut rester gelé bien plus longtemps que l’air. Les flocons qui tombent rencontrent alors une surface encore froide, ce qui limite leur fonte.

L’intensité des précipitations joue également un rôle. Lorsqu’il neige abondamment, les nouveaux flocons refroidissent progressivement les couches d’air proches du sol et entretiennent des conditions favorables au maintien de la neige.

Un équilibre fragile

La frontière entre pluie et neige est donc beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît.

Elle dépend non seulement de la température, mais aussi de l’humidité, du vent, de l’épaisseur des différentes couches d’air, de la taille des flocons et même de la température du sol.

C’est cette combinaison de paramètres qui rend les prévisions hivernales particulièrement délicates, même pour les météorologues.

La prochaine fois que vous verrez tomber de gros flocons alors que le thermomètre indique une température légèrement positive, vous saurez qu’il ne s’agit pas d’une anomalie. C’est simplement la physique qui s’exprime… et qui nous rappelle que la météo réserve souvent bien des surprises.

VOUS SOUHAITEZ VOIR LA NEIGE TOMBER ?

POUR RÉSERVER L’UN DE CES VOYAGES